03/02/2006

Le plus jeune frère

 Le colonel Brandon est un homme tout ce qu'il y a de plus attirant.


Voyez-vous, dans les petites heures du matin, quand le monde n'existe plus et que je n'ai donc aucune raison de vouloir mourir, la littérature reprend toute sa saveur, son extrême importance.
Christopher Brandon est l'un de ces hommes sombres rencontrés au détour de la plupart des écrits féminins du début du XIX. Cet homme dont la couleur de peau trahit la noirceur, si ce ne sont les yeux; à moins qu'ils ne cachent sous une raideur toute militaire le souvenir d'un amour fou et d'un enfant bâtard...

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Que c'est réjouissant de revoir encore et encore le Raison et Sentiments d'Ang Lee! Que ce fut jouissif de lire le livre et de mesurer toute la distance qu'il peut y avoir entre les thèmes abordés par une femme écrivain qui, sous des dehors à l'eau de rose, crachait un vitriol vénéneusement réaliste, et les sous-entendus d'un scenario qui ratent somme toutes les détails les plus croustillants.
La pauvre Eliza numéro deux engrossée à quatorze ans par le soupirant de Marianne...fantastique!
Le caractère arriviste à outrance de Lucy...
La caricaturale Marianne que l'on pourrait sortir toute faite d'une romance de Scott (pas mon écrivain préféré)...
Edward mou et moche, et engoncé et pantin...
La primogéniture (oups, je ne connais pas le mot français), les amours contrariées, le beau mariage qui arrive comme une cerise sur le gâteau avec, pour certains seulement, du bonheur, mais pour tous un accroissement de gain.
Et le « vieux » colonel Brandon dans tout ça, qui, tout rhumatisant sous son veston de flanelle, et le seul à accorder moralité et sensualité, mariage de raison et amour réussi.
(Oubliais-je de remercier Alan Rickman d'avoir prêté ses traits à cet Heathcliff moral?)

23/01/2006

Evolution contrariée

Je pense avoir été assez claire. Ce n'est pas que je n'aime pas le genre humain, ou que je suis trop déçue au quotidien. Tout simplement, je me sens plus d'affinités avec d'autres races animales.
Je vous vois venir...Non, je ne pense pas ressembler ni au sanglier, ni au lion, ni au lapin.
Beaucoup plus simplement, je préfère des animaux à la temporalité décalée, comme le paresseux, ou le concombre de mer.

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Oui, parfaitement. Rester sans bouger le temps que les sédiments retombent. Etre moche et informe mais passer outre, être outre, être autre. Et puis parfois tomber de l'arbre...
A part les caïmans du Parc Phoenix, je ne vois pas une existence moins remuante (attention, je n'ai pas dit moins intense).
C'est que le temps qui passe me fait sentir mon futur sous la main, tout proche. J'en suis arrivée ces derniers mois, avec la dépression définitivement en sommeil, à cesser de croire que j'allais mourir à 28 ans. Dans 6 ans j'ai 30 ans. Je tends encore un peu plus le bras et je saisis mes 40. C'est là. ça pourrait être moi.
C'est fantastique.

31/10/2005

La grippe aviaire atteint Paris!!!

Merci à Shalao de m'avoir fait parvenir ces terribles constatations...

L'image parle d'elle-même

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25/10/2005

Démarchage

Aujourd'hui, j'ai pressé Nicolas de bouger vite, vite, vite jusqu'à la Poste pour mettre en boîte le manuscrit de La tentation Ackroyd, bouteille jetée à la mer du monde de l'édition, sans grand espoir de contact...et pourtant.

Voici pour information le brouillon du petit texte de présentation de la chose. Vous en apprécierez le formalisme béta qui ne renseigne guère sur mes capacités d'expression. Oui, je sais, je sais: TOMATES. Je n'étais pas au mieux de ma forme.

"Messieurs,

Je me permets de vous faire parvenir le premier chapitre du roman intitulé La tentation Ackroyd, que je viens d'achever.

J'ai commencé à écrire au collège, quand la nouvelle écrite collectivement par la classe a remporté un prix et s'est vue publiée. Plus tard, la poursuite d'études littéraires m'a permis de m'améliorer, en me donnant les moyens de revenir sur mes textes, de poser les bonnes questions, de trouver les bons remèdes. En bref, de fluidifier l'écriture, d'arriver à créer une oeuvre qui ait une vie propre, qui existe par elle, et soit plus que le simple collage/dépôtoir des petites idées de son auteur.

C'est ce détachement et le reniement d'une fusion, d'une identité, qu'explore La tentation Ackroyd.

Relations auteur/personnages, conflits de narrateur, pères qui n'ordonnent plus, enfants qui se créent en solitaire, amant scripteur de la femme idéale, femme de chair à qui l'on reproche de n'être pas multiple.

La tentation Ackroyd, c'est mon héros qui m'a échappé et, à travers lui, le contrôle sur tout ce qui compose le monde qui l'entoure. Et, petit à petit, il ronge mon imaginaire, il me supplante. Toute création est une question d'autorité.

Ce premier chapitre est de facture classique, trop vue. Il introduit un evènement marquant de l'enfance du personnage principal, Kenny Parker, et qui va changer sa vision du but de la vie et du rôle de la femme. "

Diverses autres élucubrations, contacts, formule de politesse, ma petite signature de petite créatrice.

Nous verrons bien, nous verrons bien, nous verrons bien, nous verrons bien.

16/10/2005

Nico - 2 mois

Nico, mon petit païen, comme tu me l'as demandé si gentiment, je publie pour toi une méga private joke pour nos deux mois: l'Ode à Robin.

Robin tu es grand
Robin tu es fort
Robin, instrument des druides
Robin, bâton de pouvoir
Robin, arbre de vie
Robin, éternel enrhumé
Robin, l'Unique
Robin, que la force soit avec toi.

15/10/2005

Sieg aïe, ma fureur!

Soirée Dark/folk à la Taverne.

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Que mes vénérables collègues de l'association L'Aigle Mécanique me pardonnent. Après tout, depuis le temps qu'on se connait, vous devez bienavoir compris que j'ai des opinions toutes personnelles, souvent peu avouables, parfois risibles; miennes, en tous cas.

Sur ce, poursuivons. S'il y a bien une chose que je ne supporte pas, c'est la pose. J'en veux pour preuve les cours de dessin que je prenais aux Shetland. La prof avait fait venir son copain pour poser (assis, vautré, de dos), et à chaque fois, "j'oubliais" de lui dessiner la tête. Cela me sortait de l'esprit. Je ne voulais pas que l'humain soit trop présent dans ma production. Que sais-je?

En d'autres occasions, je suis irritée par la diffusion d'informations non désirées, par la vantardise et "l'impressionnage" façon je-suis-grand-et-fort-(plus que toi)-admire-moi.

Si l'on a tant besoin du regard de l'autre, c'est qu'on a un déficit de confiance en soi. Et si on a tant besoin d'écraser l'autre, c'est qu'on sait qu'on est une sous-merde.

Résumons la situation. Le set de N0th1ng et celui de Michou aurait été bien mieux servi par des attitudes autres que le lever de bras à la moindre occasion de se rendre intéressant.
Et puis, visuellement parlant, s'il y a une chose atroce que les nazis ne prônaient pas, c'est bien le brushing.

Cessons là les considérations puériles. Je me donne un coup de règle sur les doigts; qu'on ne m'y reprenne plus.

Remémorons-nous toutefois avec émotion l'histoire de Pierre et le chêne (oui, parfaitement...quoi, plagiat?).

Depuis aussi loin que se souviennent les aïeux du village de Bonsens, toute la vie de la place du village tournait autour de ce grand chêne dont les racines soulevaient les pavés. Plusieurs générations d'enfants avaient fait la ronde autour de ce chêne, puis avaient gravé l'écorce de leurs prénoms entourés d'un coeur, puis coincé de bout de leur canne de vieillesse dans les racines noueuses.

Le chêne faisait partie de la vie; comme la couleur des cheveux et le bleu du ciel dégagé, et que rien ne peut remettre en question. Une évidence, une réalité: un ami.

Petit Pierre ne l'entendait pas de cette oreille. il voulait faire bouger les choses, il voulait s'affirmer, il voulait qu'on l'écoute: il tenta d'être le point de référence commun, d'imposer SON opinion morale sur la réalité des choses.

Qu'importe que la boulangère se laissât volontiers lutiner par le vigoureux boucher. Qu'importe que le marchand Ben Machin ne se rendit pas à la messe le dimanche comme tous les villageois. Qu'importe que telle autre personne cultive une gravissime maladie.

Qu'importe? Non, pas pour petit Pierre. Il avait son mot à dire sur tout. Il remettait tout en question; il n'était bon juge de RIEN, il avait une moralité de merde. Mais il se sentait transporté du besoin de parler et parler et parler, et imposer des références bateaux et faussements choquantes pour se créer un personnage.

Bientôt, petit Pierre vint raconter à une heure d'affluence au pétrin que le chêne ombrageait inutilement la place, que ses racine cassaient les pavés et gênaient la circulation, et donc le progrès. Cet arbre était rétrograde. Plus tard, il parla de la possible origine germanique (= diabolique) du chêne, et compara ses branches à un gibet. Il ne s'arrêtait plus d'attaquer le chêne sans raison, ne serait ce que pour sa couleur vert-de-gris qui soi-disant choquait sa vue.

Des pires et des pis encore.

Bien sûr, le village n'en avait que faire des possibles métaphores du chêne, ils n'en avaient que faire des symboles que d'aucun peuvent coller sur des objets qui sont le quotidien d'autres personnes qui s'en foutent. Mais petit Pierre se piquait de culture et tenait à colporter ces conneries.

Un soir, petit Pierre se tenait en face du chêne, l'exhortant de son bras levé, demandant aux villageois de le rejoindre dans son combat contre telle ou telle valeur.

Un orage passait par là. Il grilla le petit Pierre d'un foudre bien placé et épargna l'arbre qui était, lui, parfaitement naturel.

MORALITE: Petit Pierre réduit en cendres, sache que nous préférons ne pas réitérer certaines expériences, mais que le souvenir n'est pas éteint. L'élan fasciste n'est ni dans la couleur de ta chemise, ni dans le brassard épinglé à ton bras levé; il est dans le coeur des hommes qui se retiennent d'en venir aux mains pour faire bouger les choses
Fais-tu bouger les choses?
Quand on vient à peine d'avoir le droit de vote, quand on n'a ni enfant, ni famille, ni emploi rudement acquis, ni institution pour laquelle se battre, que reste t'il que le fantasme, le paraître? C'est dommage. Où va la jeunesse?

07/10/2005

Cher Jean-Thomas,

Mon ami perdu dans ta banlieue béton, comment s'est passée ta rentrée? Tu te demanderas sûrement pourquoi je rends ce texte officiel en exposant notre petite vie à la vue de tous et de tant de personne(s) en particulier. Eh bien, nous nous étions dit que nous nous donnerions de nos nouvelles respectives après la rentrée, concernant la rentrée; et comme ce merveilleux sujet qu'est le broyeur de l'Education Nationale est l'un des thèmes-clés de certaines entrées de ce journal; et comme certains de mes amis/lecteurs te connnaissent déjà;...en bref, je n'ai aucune excuse.
Pardonne-moi cette impudeur. Je te promets que tout restera très large et très peu personnel. I will barely scratch the surface.
Nous nous sommes vus pour la dernière fois à la soirée « Cake au thon », n'est-il pas? (« Allo, J-T, j'ai réussi à démouler mon cake »). Rien et tout a changé. Roxy et Ben sont toujours collés l'un à l'autre, Aneklo est toujours collée à Ulysse comme une cagoule en vinyle sur les oreilles d'un S-M, et je suis toujours collée à Nico comme une mamie fière de son gigolo (private joke). Oups, c'est vrai que tu n'étais pas au courant, mais je t'avais prévenu qu'il y avait tension électrique.
Si, du nouveau, Laetitia commence le lundi matin par Riita suivie de notre Bobo national. Heureusement qu'elle a accroché le gothique irlandais sinon elle aurait eu du mal à survivre à sa première semaine à la fac.
Je me souviens quand j'ai relu mes vieux journaux (dont j'ai posté une partie ici), j'avais noté pour mon premier cours que j'avais un prof à l'anglais incertain, avec un drôle d'accent qui faisait que, willy-nilly, les cours restaient tout de même assez osbcurs. Je pense que le sujet y était aussi pour beaucoup. Tu te souviens de ce cours de compréhension avec Shona où on avait explosé de rire parce que le texte parlait de pipes et que l'on s'était posé la question de ce qui se passerait si le tiers des habitants de Nice tiraient la chasse en même temps?


Je me souviens de cette époque où je ne faisais que maigrir; c'était rassurant, j'attendais quelque chose qui allait venir d'en-dehors de moi. J'attendais, j'attendais – et ça a mal tourné et j'ai dégringolé longuement. J'ai remonté la pente à présent. Je sais qu'il faut que je tire les choses hors de moi comme un ténia d'un anus médiéval. La tête reste accrochée et résiste à toute pompe mais je tire quand même, quite à me déchirer à mort.
Je n'ai plus tellement ce genre de pensées. Je suis devenue plus efficace, plus utilitaire dans mon crachat à la gueule des idées reçues.
C'est juste ces trois derniers jours...un petit coup de John Lee Hooker, le blues dur et râpeux, même dans la ballade. Je ne sais pas. J'étais au bord des larmes, comme le ciel. Et sous la pluie qui délavait les ocres, je me suis imaginée ailleurs; à Oslo, à Prague, à Madrid, à Toulouse. Toulouse. L'année prochaine avec Nico, on s'est fait la promesse.

Mako était partie à Aix, elle te l'avait dit.
Un de ces jours, Nico-moi nous mettrons dans un bus des Phocéens pour aller lui passer un petit coucou.
Non, le choc, c'est ce week-end, devant la murène de l'aquarium du Parc Phoenix. Mon portable sonne. Coralie. Nous nous donnons rendez-vous pour mardi matin, à la Brioche Dorée. Elle part en Angleterre le lendemain, pour son nouveau travail. Il faut se voir avant le départ.
Et depuis, je pense à tout ce qui me reste à régler avant de pouvoir partir mais j'ai envie quand même, et je ne profite plus de rien. Il faut que je finisse ce roman et tout ira mieux.


Tu m'inviteras à Raven Street, hein? Que l'on puisse aller visiter Paris pendant tes congés. Tout plutôt qu'ici. De nouveaux toits, de nouveaux ponts; après tout je n'ai pas de chez-moi.


Mais quittons, quittons. Il ne sert à rien de déprimer.
Mon but est d'avancer et de sortir ce qui est en moi. J'y pensais en arpentant la rue tout à l'heure (mon activité favorite – mes nouvelles chaussures partent en lambeaux). Je me disais que, for art's sake, je m'arracherais bien les côtes hors de la cage thoracique pour les exposer au public, en public. Non, c'est stupide.
Je ne cherche le regard de personne. Juste pour les sortir, mes côtelettes, et que le rouge glaireux brille au soleil, avec des papillons qui viendraient butiner sur le bout des os brisées, et moi qui pourris dans l'herbe d'un parc boisé, au milieu d'une ville aux murs ocres, à jamais. Comme c'est joli.
C'est ce que j'ai pensé en revenant de Hit après avoir écouté du Billy Cobham. J'y étais allée en pensant à un steak tartare, mon jambon beurre à la main. J'ai du m'échauffer en chemin, sans doute, comme je suis en train de le faire à présent, en repensant aux deux secrétaires impolies de la Cité U de Lyon. J'ai posé mon stylo quelques minutes et j'ai ressassé. Je ne sais pas si tu fais ça parfois.


-Longue pause. Mon proprio m'appelle. Le loyer ne lui a pas été versé. La banque n'a apparemment pas reçu ma demande de virement automatique. Il vient de le remarquer. Il est toujours comme ça. Bref, c'est pour cela que j'avais beaucoup d'argent sur mon compte ces derniers temps. Bon, bon, ça n'arrange pas mes comptes, tout ça -


J'étale ma vie, c'est un bonheur.


Je parlais donc de cette rage qui montait petit à petit, et je marchais vite, et je parlais seule, et je devais être effrayante.
Et j'ai entendu du bruit en face de moi, et des jeunes qui passaient de l'autre côté de la rue se sont retournés, et j'ai vu une flaque de matière jaunâtre par terre, et un père a dit à son fils qui vomissait devant moi: « Allez, viens », comme s'il avait déjà fini et que ce n'était pas grave. Mais pour moi ça l'était, et ça l'est toujours, et je pense à tous les moments où je me suis sentie mourir et je n'ai plus faim. Je n'ai plus faim. J'ai envie, de nouveau, d'extruder mes côtes. Je ne suis pas très bien, ces derniers temps, et être livrée à moi-même dans la solitude de cet hôtel n'est guère bénéfique.
J'ai envie de nouveau de montrer mon intérieur, mais je n'ai plus la force. Je sais. J'ai peur que mes os ne se brisent pour de bon.


Je m'appelle Angélique; je suis émétophobe. Bonjour, Angélique.


Enfin, changeons de sujet, je ne suis pas là pour te rappeler mes tracas (mais au moins je communique avec franchise).Ce serait un bon concept artistique si j'arrivais à écrire toutes mes oeuvres à la réception de petits hôtels peu fréquentés, un peu partout dans le monde. Bon, pour l'instant, je commence petit, je te l'accorde, avec deux hôtels niçois mais, qui sait? Cela me semblerait être un destin beaucoup plus enviable que Daniel dans la fosse aux lions. Pardon...professeur.


Nous sommes allés au cinéma voir Entre ses mains. Je n'arrête pas de tomber sur des interviews de Poelvoorde qui me fascinent. Je sais qu'on avait promis d'aller voir H2 G2. Y es-tu allé, finalement? Je ne l'avais pas trouvé en V.O., et je ne voulais pas passer à côté de la voix veloutée d'Alan Rickman. Douce, douce. Nous irons voir Le Parfum, quand il sortira.


Mais je parle et je parle et je parle. J'écrirais volontiers que je risque de ne pas poster ce texte dans son intégralité, mais j'ai commencé en t'écrivant et je tiens à me plier à l'exercice – et tant pis pour le lecteur indolent qui aura flanché à mi-parcours, après tout, tu es l'un des rares à me comprendre, n'est-ce pas?
Non, non, je retire. Je ne veux pas dire que je vous méprise, lecteur inconnu de moi, simplement, il y a de ces références personnelles qui ne peuvent réellement être expliquées puis partagées par quiconque. Du genre « câlin la terre » ou « le casque Lebohaum » ou « Lady Macbeth is alien to love » (tribute to Mlle Zeender en DEUG 2).
Et puis les mots coulent plus facilement lorsque l'on écrit à un ami que lorsque l'on besogne sur, par exemple, La tentation Ackroyd. Si tout pouvait couler avec autant d'aisance...J'imagine que, en ce qui concerne l'écriture romanesque, la petite tête du monstre doit s'accrocher encore plus durement à un repli de l'intestin. Cela serait bien amusant si un jour, d'écrire, je me dilatais et m'explosais la rate (où que cela puisse bien se situer).
Deux américains viennent de monter en me remerciant de leur avoir indiqué des restaurants à socca. De rien, de rien. Si je ne devais pas deux mois de loyer, j'y serais allée sans regrets. Je vais attendre que l'image du petit garçon qui vomit s'efface de mon esprit, de mon estomac acidifié.
Mon patron va bientôt arriver pour la relève, et je vais devoir clore cette missive.
Tu es libre de laisser un commentaire, ou de m'écrire, ou de m'appeler quand il neige, comme dans le bus le 03 janvier dernier (je crois), ou même de n'avoir pas le temps de me répondre, car tu es mon ami. J'embrasse ton étoile bleue,
Angélique